dimanche 20 juin 2010

Kevin Canty - Une vraie lune de miel


Présentation de l'éditeur

Style vif et percutant, dialogues incisifs et grinçants, sens de l’observation hérité de Raymond Carver et Flannery O’Connor : Kevin Canty, l’auteur d’Étrangère en ce monde, est un grand « conteur » des petits drames intimes dans la plus pure tradition des nouvellistes américains. Ici, ce sont des hommes – pères, maris, fils, amants – qui évoquent l’amour. Canty saisit tant la noirceur et l’amertume de la défaite des sentiments que la tendresse et l’humour qui parfois les illuminent. Inquiétantes, baroques ou ironiques, ses nouvelles sont une formidable exploration des relations humaines.

Mon avis en quelques mots...

Grâce à un partenariat avec Blog-O-Book et les éditions Albin Michel (que je remercie d’ores et déjà), j’ai reçu il y a près d’un mois le recueil de nouvelles Une vraie lune de miel, de l’écrivain américain Kevin Canty. Ce qui m’avait attirée au départ, c’est la comparaison, de près ou de loin, avec un autre nouvelliste de génie : Raymond Carver, dont Les vitamines du bonheur (recueil que je n’ai malhereusement lu que partiellement pour le moment) m’avait beaucoup marquée lors de mes études d’anglais.

Bref, si je devais ne garder qu’un mot pour résumer Une vraie lune de miel, ce serait « inégal ».
Lorsque j’ai entamé la première nouvelle, j’ai été saisie par un style assez spécial, auquel j’avais d’ailleurs toujours autant de mal à me faire lors de la deuxième nouvelle…
De plus, les historiettes contées par Kevin Canty me semblaient un brin fades, je n’en saisissais pas l’intérêt. J’ai donc reposé le livre, en me promettant d’y revenir plus tard, au moins pour honorer mon engagement vis-à-vis de ce partenariat.

Et puis c’est finalement ce week-end que j’ai « avalé » tout le reste, cul sec si je puis dire ! Et j’ai fini par saisir l’enjeu de ces nouvelles. Le style m’a paru de plus en plus fluide, direct. J’ai commencé à ressentir une véritable empathie pour tous ces personnages en train de « rassembler les morceaux de leurs vies ». Certaines nouvelles m’ont laissée totalement indifférente, mais d’autres resteront dans mon esprit encore longtemps. Pourquoi ? Parce que je me suis sentie proche de ces destins à la dérive, de ces gens simples en quête d’amour (c’est le nerf central de chacune des nouvelles), mais aussi et surtout en quête d’un sens à leur existence, en quête d’une estime d’eux-mêmes plus ou moins dévastée.

Si je ne devais retenir qu’une nouvelle, ce serait « La Belle au Bois Dormant », pour son ambiance réaliste, les lourds secrets dissimulés et la bande d’amis à laquelle on aimerait tous s’identifier, même si une ombre plane sur eux, définitivement. Je me suis sentie bien en lisant cette nouvelle, je me suis sentie bien dans l’appartement d’Andrew, tout simplement.
Tout comme j’ai partagé le sentiment de plénitude du personnage principal de « La forêt boréale », perdu au milieu de nulle part, mais bien conscient d’être en vie, et dont l’envie de s’en sortir est brutalement réveillée par cet état de fait.

J’ai apprécié dans ce recueil de pouvoir visualiser les paysages (parfois urbains) d’une Amérique le plus souvent rurale, faite d’Américains moyens dont j’ai eu l’impression de pouvoir partager de véritables tranches de vie, et puis j’ai pu constater à nouveau, et avec délice, qu’au fond nous sommes tous les mêmes, nous recherchons tous les mêmes choses : le sens de la vie, et l’amour sous toutes ses formes, que ce soient l’amitié profonde, l’amour romantique, l’amour filial, ou même la simple reconnaissance…

En résumé, j’étais partie avec un avis très mitigé, et ce fut finalement une jolie expérience de lecture, comme à chaque fois que je trouve dans un livre des réponses à mes questions existentielles.

2 commentaires:

Mélie a dit…

Je suis contente que ton avis se soit transformé en cours de route! Rendez-vous difficile puis réussi pour toi, rendez-vous raté pour moi, pas de clonage cette fois ci ;)

Dual a dit…

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