lundi 12 juillet 2010

Incendiary

Ma note (sur 5) : ***
Réalisatrice : Sharon Maguire
Interprètes : Michelle Williams, Ewan McGregor, Matthew MacFadyen
Genre : drame, thriller, romance
Origine : Grande-Bretagne
Durée : 1h36
Disponible en DVD : uniquement en V.O. sur le site Play.com

De quoi ça parle ?
D’une jeune mère un peu paumée dans le quartier de l’East End à Londres, vivant avec son petit garçon de quatre ans (qu’elle adore) et accessoirement avec le père de celui-ci, très souvent absent du fait de ses missions (il travaille pour la brigade anti-terroriste). Un soir, en attendant le retour de ce dernier dans un bar, la jeune femme, qui se sent depuis trop longtemps délaissée, entame la conversation avec un journaliste qui traine là, et finit la nuit avec lui… Elle le regrette aussitôt, mais ses sentiments sont ambigus. Quelques jours plus tard, elle laisse son petit garçon assister à un match de football avec son père (c’est leur passion commune, quasiment leur unique lien). Pendant leur absence, elle succombe à nouveau aux charmes du jeune journaliste rencontré quelques jours plus tôt. Ils sont tous les deux chez elle lorsque la télévision, allumée sur la chaîne qui retransmet le fameux match, lui laisse entrevoir le drame en direct : une bombe (des bombes en réalité) vient d’exploser dans le stade. Accompagnée de Jasper (son amant), elle part immédiatement à la recherche de son petit garçon au milieu des décombres… Je n’en dis pas plus.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?
Encore une fois, pour des raisons très simples, qui rejoignent d’ailleurs celles pour lesquelles j’ai voulu visionner Shutter Island (voir ci-dessous) : ce film n’est pas sorti en salles (ni même en DVD) en France, mais j’en ai eu connaissance en suivant l’actualité de Michelle Williams qui est, je le répète, une de mes actrices fétiches. C’est elle qui joue le rôle de la jeune mère, et le film est apparemment sorti en Grande-Bretagne et aux États-Unis en 2008. Si ça vous tente et que vous vous accomodez de la V.O., vous pouvez aisément vous procurer le DVD pour un peu plus de 6 euros frais de port compris ici.
Ce film, dont le titre original est Incendiary, mais que l’on trouve parfois nommé Blown Apart, est tiré du livre de Chris Cleave Incendiaire, paru aux éditions du Livre de Poche en 2007. Et je vous l’ai dit, j’aime toujours voir ce que donnent les adaptations !

Ce que j’en ai pensé :
J’ai aimé, même beaucoup aimé, même si je ne saurais trop dire pourquoi, et même si le film souffre de certains défauts, notamment des déroulement de l’histoire qui, avouons-le, sont un petit peu tirés par les cheveux : l’action évolue presque trop vite, on se demande bien comment certaines énigmes ont pu être résolues si rapidement, mais c’est sûrement un « mal » qui touche beaucoup d’adaptations de romans à l’écran (je n’ai pas encore lu le livre, mais j’imagine que la réalisatrice a été contrainte d’en condenser certains passages).

Même s’il cède à quelques facilités, Incendiary a le mérite d’éviter le manichéisme, pourtant tentant lorsque l’on évoque un sujet d’actualité (les attentats-suicides) aussi brûlant. Au contraire, j’ai été sensible à l’humanité des personnages, quelque soit leur « camp ». Je n’y inclus évidemment pas les terroristes, d’ailleurs absents de l’écran, mais de la façon dont sont abordés les liens avec leur famille proche (épouse, fils) et les tourments causés à ces derniers par leur « choix » de vie (ou devrais-je dire de mort). De même, les « bons » ne sont pas exempts de travers, ils en sont même bourrés (mère adultère, père qui n’affronte plus rien…).
Quoi qu’il en soit, le terrorisme, bien qu’entretenant un lien très fort avec l’actualité récente (cf. Londres en 2005), n’est pas le propos essentiel du film.

Selon moi, il s’agit bien davantage d’un film sur le deuil, au propre comme au figuré (faire le deuil d’un proche, faire le deuil d’une vie dont on ne voulait plus de toute façon). En même temps que la jeune mère écrit sa lettre à Oussama Ben Laden (thérapie préconisée), on suit pas à pas sa lente reconstruction, qui passe par toutes les étapes maintes fois décrites par la psychanalyse : le choc, la sidération, puis le déni, la colère, la « dépression », jusqu’à la résignation, et enfin l’acceptation.

Michelle Williams joue avec tant de conviction et de subtilité que l’on a vraiment envie qu’elle s’en sorte et qu’elle retrouve goût à la vie. Mais peut-on décemment accepter que son fils de quatre ans perde la vie alors qu’au même moment on était justement en train de le « trahir » avec un homme qui aurait dû assister au match lui aussi… si seulement il ne nous avait pas croisée ?

Ce que j’en retiens :
J’ai fini le film avec des larmes plein les yeux. Ça n’est pas nécessairement un gage de sa qualité, mais ça m’arrive si rarement que ça signifie au moins que les acteurs étaient convaincants. Gardons un esprit critique : Incendiary n’est pas un chef d’œuvre, il ne restera pas dans les annales, mais je ne pouvais décidément pas en faire une mauvaise critique.

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